Grand témoin : Winifrey Caudron

Pour Winifrey, la vie a basculé en août 2015 avec le décès accidentel de son conjoint. Commence alors un parcours jalonné de soutiens, mais aussi de difficultés, qui lui inspire aujourd’hui des pistes d’amélioration dans l’accompagnement des bénéficiaires.

 
Quelles problématiques avez-vous dû affronter suite au décès de votre conjoint ?

On n’est jamais préparé à perdre son conjoint de façon accidentelle, c’est donc un immense choc. Il faut immédiatement s’occuper des premières démarches, organiser et payer le rapatriement, puis les obsèques. Mon conjoint s’étant noyé pendant les vacances estivales, j’ai dû également préparer la rentrée de nos deux garçons, qui ont fait preuve d’un immense courage malgré leur jeune âge – neuf et cinq ans à l’époque. De nouveaux besoins arrivent, comme la mise en place d’un suivi psychologique pour les enfants. Les collègues de mon conjoint m’ont communiqué les renseignements concernant l’assurance employeur, souscrite avec l’OCIRP. 
De mon côté, j’ai contacté notre assurance familiale, et les échanges qui ont suivi ont été difficiles, pénibles et traumatiques : je disposais seulement du certificat de décès, or l’assurance réclamait une attestation indiquant qu’il s’agissait d’un décès accidentel. Il m’a fallu contacter le parquet du lieu de l’accident, et après de nombreux échanges par courrier et téléphone, j’ai reçu les documents demandés. Le dossier contenait l’ensemble des dépositions, la mienne me faisant revivre cet horrible accident, mais aussi celles des personnes ayant découvert le corps, et également des photos relatives à l’enquête, que j’aurais préféré ne jamais voir… 
 
Comment la situation a-t-elle évolué ?

Quatre mois ont été nécessaires pour me permettre de toucher le capital décès et la rente éducation. Or pendant cette période, les factures doivent être payées, le crédit immobilier continue à courir, sans compter les nouveaux frais… Il faut assumer le coût de la rentrée scolaire, les activités extrascolaires, les loisirs pour divertir les enfants, les séances avec un psychologue (750 € en quelques semaines). J’ai moi-même un travail, mais malgré tout je dois faire face à une situation financière très dégradée. Une fois perçue, la rente a bien sûr été d’une grande aide pour limiter ces difficultés, et le fait qu’elle soit versée en début de mois, ce qui n’est pas toujours le cas en fonction des assurances, est un vrai plus. Les premiers mois après le décès sont aussi ceux des premiers anniversaires des garçons sans leur père, du premier Noël où l’absence est si forte. 

Quelle a été votre expérience de l’accompagnement social de l’OCIRP ?

Lors de mes échanges avec les équipes de l’OCIRP, j’ai apprécié leur écoute et leur disponibilité. En revanche je n’ai pas pris connaissance du courrier m’informant de mes droits en termes d’accompagnement social. Étant submergée par les formalités administratives et la gestion, en solo, de deux enfants, j’ai manqué l’information sur nos droits, qui m’aurait pourtant été très utile. 
J’ai eu des nouvelles de l’OCIRP l’année suivante dans le cadre du partenariat entre sa Fondation et celle du PSG, un stage d’une semaine au centre d’entraînement du PSG a été proposé à mes garçons, avec d’autres enfants endeuillés. Lorsque j’ai fait part de cette proposition et du programme du stage à mon fils aîné, j’ai à nouveau vu des étoiles dans ses yeux, la première fois depuis le décès de son père. Le stage s’est finalement déroulé aux vacances de Pâques 2017, et mes deux garçons ont pu y participer. Cela a été une expérience extraordinaire pour eux, et l’occasion d’échanger avec des enfants partageant le même vécu, leur donnant l’impression d’être compris et d’être comme les autres ; pour moi, il s’agissait du premier moment de vrai répit depuis le drame. On se retrouve seul à gérer un quotidien familial, on n’a plus de temps à s’accorder ; dans cette situation on ne fait pas seulement le deuil de son conjoint, mais aussi celui de sa vie d’avant… Plus rien ne sera jamais comme avant. 
 
Il y a quelques mois, vous avez témoigné de votre expérience, sollicitée par l’OCIRP dans le cadre de son séminaire annuel d’entreprise. Pourquoi ?

Il me semblait essentiel que celles et ceux qui proposent des offres assurantielles aient, plus que jamais, conscience de ce que vivent les bénéficiaires : une situation dramatique, dans laquelle le besoin de soutien concret est très fort. Il s’agissait de leur faire ressentir pleinement le sens de leur mission. C’est lors de ce partage que j’ai découvert que je ne connaissais pas l’ensemble de nos droits, et que certaines dépenses auraient pu être éligibles à une prise en charge. Il est donc important de faire évoluer les pratiques, pour que d’autres familles ne vivent pas la même expérience et bénéficient de leurs pleins droits, le plus tôt possible. Toute personne bénéficiaire d’une rente a de nouveaux besoins ; il faut donc aller vers elle pour s’assurer qu’elle dispose de toutes les informations utiles sur ses droits et qu’elle ait la capacité de les mettre en œuvre. Sinon, il est indispensable de l’accompagner dans ses démarches ; je pense notamment aux personnes d’origine étrangère et qui ne maîtriseraient pas notre langue, ou à celles qui n’utilisent pas d’ordinateur ou Internet.
 
Quelles pistes d’amélioration proposez-vous ?
 
Il est admirable, et agréable, de constater la volonté de l’assureur d’avoir un comportement exemplaire et respectueux vis-à-vis des bénéficiaires — ce que j’appelle la promesse tenue. Il n’y a pas de manque de volonté, mais plutôt un problème de méthode dans la détection des besoins. Par exemple, si l’assureur n’a pas de nouvelles ou demandes du bénéficiaire suite à une première communication sur l’action sociale, il doit revenir vers celui-ci pour s’assurer qu’il dispose bien de toutes les informations utiles. Chaque bénéficiaire devrait obtenir les contacts d’acteurs associatifs aidants – dans notre cas, des structures œuvrant pour les familles endeuillées… Si le bénéficiaire ne s’est pas manifesté, et n’a sollicité aucun service de l’action sociale, l’assureur doit prendre contact avec l’entreprise cliente pour vérifier qu’il dispose des bonnes coordonnées. Il peut également s’adresser au service social de la commune où vit le bénéficiaire, afin de réussir à l’informer des services et des modalités de mise en œuvre. 

Enfin, mon expérience démontre aussi que des besoins s’expriment à des temps variables ; il serait sans doute utile de reconsidérer les limites de temps dans les modalités d’application, pour gagner en souplesse et répondre au mieux aux besoins des bénéficiaires. Essayer de comprendre la situation des bénéficiaires, c’est apprendre et avancer. Les relations avec les équipes gestion de l’OCIRP m’ont permis de changer ma vision des assureurs, qui avait été considérablement dégradée avec l’expérience que m’avait fait vivre notre assurance familiale.
 
Plus de trois ans après l’accident, et même si cela me paraît encore très proche, notre vie familiale évolue, se stabilise. Je suis très fiere de nos deux garçons, de leur force de caractère et je dois aujourd’hui avancer pour savoir ce dont j’ai envie, faire des choix, et ne plus avoir l’impression de subir une vie que je n’ai pas choisie.
 

Veuvage en France

Infographie listant les principaux chiffres du veuvage en France (description détaillée ci-après)
Le veuvage en france
Cette infographie a pour objectif de mieux faire comprendre la situation du veuvage en France. Elle est composée d'une photographie représentant une femme seule de dos, assise sur une plage de galets, face à la mer.   Les chiffres-clés et les textes suivants sont répartis dans l’image.   Chiffres-clés du veuvage en France En 2013, on compte 5 millions de personnes endeuillées par la perte de leur conjoint, mari, femme ou concubin.   Parmi eux, 4 millions étaient mariés et 1 million étaient pacsés ou concubins.   80 % sont des femmes, 20 % des hommes.   Un demi-million de français sont en situation de veuvage précoce, ayant perdu leur conjoint avant 55 ans.   L'âge moyen du veuvage précoce est de 41 ans.   274 000 personnes seulement sont considérées comme veufs ou veuves selon cette définition de l'INSEE :"Le terme veuf ou veuve est attribué à toute personne dont le conjoint avec lequelle elle était mariée est décédé pendant le mariage et qui n'est pas remariée."   35 % des veufs précoces sont à la tête d'une famille monoparentale.   Principaux risques liés au veuvage : •    Appauvrissement •    Isolement •    Dépression et mortalité.   Pour prévenir ces risques, parce que le partage, le soutien des proches ne suffisent pas toujours, Dialogue & Solidarité propose écoute, soutien et accompagnement aux personnes en situation de veuvage et de deuil.   Liens présents dans l'image vers les vidéos suivantes : Interview de Aude, veuve âgée de 30 ans Interview de Catherine Delaveau Témoignage de Yael Viron

L'OCIRP vous aide à faire face à toutes les situations de la vie

Union d'organismes de prévoyance, l'OCIRP protège les salariés et leur famille, en cas de décès ou de perte d’autonomie.

  • Faire face au veuvage

    OCIRPVEUVAGE permet à chaque salarié, en cas de décès, de protéger son conjoint, concubin ou pacsé, qui percevra un complément financier temporaire ou viager (rente) et bénéficiera d'un accompagnement social dédié.
  • Faire face à l'orphelinage

    OCIRPÉDUCATION permet à chaque salarié, en cas de décès ou d'invalidité, de protéger ses enfants qui percevront un complément financier temporaire (rente) pour compenser la perte de revenu et assurer un accompagnement social.

  • Faire face au handicap

    OCIRPHANDICAP permet à chaque salarié, en cas de décès, de protéger son enfant, sa sœur ou son frère en situation de handicap. En complément de la rente versée, un accompagnement social est dédié.

  • Faire face à la perte d'autonomie

    OCIRPDÉPENDANCE permet de définir une rente en cas de dépendance (totale ou partielle), dont le montant évolue avec la durée de cotisation.

  • OCIRPAIDANTS

    OCIRPAIDANTS permet au salarié qui aide un proche dépendant, parent ou conjoint, de bénéficier de services adaptés et d’aides financières pour l’accompagner au quotidien.

Publié le 10 mars 2019
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